Description et historique : Connue de longue date par les autochtones, et en particulier des chasseurs, la cavité servait de repère aux blaireaux avant qu’elle ne se bouche. Plusieurs squelettes retrouvés à l’intérieur attestent leur présence. La grotte du Verdeau était oubliée des spéléologues. Pourtant elle se manifeste par des crues assez fréquentes qui peuvent être parfois considérables 1 mai 98 : c’est lors d’une journée prospection, destinée à inventorier les sources des communes de Mancey et de Royer que l’entrée est repérée par hasard en remontant le fossé dans le bois (Guillot L) 3 et 5 mai 98 : En soirée, les premières pierres sont sorties jusqu’à un mètre de profondeur (Guillot L) 9 mai 98 : La désobstruction s’effectue jusqu’à -2 m dans un petit boyau qui descend en suivant une diaclase. On entend nettement un bruit d’eau courante quelques mètres plus loin... (Simonnot Guy. Guillot L) 10 mai 98 : On s’arrête à -3 m pour 5 m de développement devant une étroiture colmatée (Nykiel Chantal ; Guillot L) 16 mai 98 : L’étroiture est franchie et donne dans une galerie basse large d’un mètre cinquante encombrée de cailloux, bouchée aux extrémités par deux trémies. Le courant d’air vient de celle du nord ; quant à l’eau, elle s’écoule dans les blocs (Moreau Guy, Simonnot Guy, Guillot L) prof : -3.5 m ; dév : 9 m 17 mai 98 : La trémie nord est rapidement passée. On retrouve la galerie basse. 5 m plus loin, un abaissement de la voûte déjà pas très haute, nous oblige à enlever de l’argile pour accéder à une petite salle (3.5 m x 3 m x 3m). La suite est colmatée et il faut gratter sur 3 m pour pénétrer une salle, “ la salle ébouleuse ” beaucoup plus spacieuse (11 m x 5 m x 5 m) et bien concrétionnée pour le secteur. Au point bas de la salle, une petite galerie vite impénétrable permet à nouveau d’entendre un léger bruit d’eau courante. La suite est au-dessus, en effet, une escalade de 4 m donne sur une galerie qui s’élargit rapidement. Après avoir enjambé un puits étroit, nous entrons dans une salle au sol recouverte de sable. La diaclase qui fait suite est beaucoup plus abrasive pour les combinaisons. Elle se termine quelques mètres plus loin sur un siphon qui doit être une voûte basse amorcée (présence de concrétionnement sous le niveau de l’eau) (Florian et Didier Accary ; Alain Royer ; Roland Dumontet, Chantal Nykiel, Ludovic Guillot) prof : ~-3.5 m dev : ~80 mètres. 23 mai 98 : Séance topo au programme du fond vers l’entrée. Arrivé sur place nous avons la surprise de voir la voûte basse désamorcée, pas de beaucoup, mais désamorcée. Guy s’élance et s’immerge presque complètement. Après 3 m, la voûte s’élève et il peut parcourir une quinzaine de mètres dans une galerie qui suit une diaclase et s’arrête sur un siphon (ou voûte basse amorcée...). Au retour nous levons la topo. (Chantal et Clémentine Nykiel. Simonnot Guy. Guillot Ludovic) prof : ~-3.5 m dév : ~100 m. Le 7 juin 98 : La désobstruction d’une petite galerie dans la dernière salle avant la diaclase permet d’augmenter le développement de 7 petits mètres, avec arrêt sur colmatage argileux. Dans le même secteur nous topographions 10 m de ramping qui avec le petit puits de 3 m fait une boucle avec la galerie principale. (Dumontet Roland, Nykiel Chantal, Guillot Ludovic). prof: -3.5 m dév : ~125 m. Le 14 juin 98 : Retour vers le fond pour voir les niveaux d’eau. La première voûte basse a encore légèrement baissé. L’arrêt de Guy est quand à lui libre. Nous avançons de 14 m dans une galerie basse creusé au niveau d’un joint de strate pour “ buter ” sur le siphon Taupinette. (Nykiel Chantal. Guillot Ludovic) prof : -3.5 m dév : 141 m. Depuis cette date plusieurs visites n’ont pas permis de dépasser le siphon Taupinette. Un pompage devrait permettre d’entrevoir la suite. La trémie aval (Sud) n’a pas encore été franchie malgré quelques séances de désobstruction. Géologie : J2b Bathonien moyen. La grotte du Verdeau s’ouvre dans les calcaires de Bathonien moyen sur le flanc Est du principal chaînon du Mâconnais (comme la grotte de la Gueule du Loup à Bissy ou la source de la Doue à Vers). La direction générale des galeries 25-30°N parallèle au chaînon est à travers pendage comme pour la plupart des cavités du chaînon (pendage de 30° vers l’est). Hydrologie : La grotte du Verdeau fonctionne comme trop plein de crue. A 600 m plus au sud et 15 m plus bas se trouve le second trop plein de Borraud. Situé au milieu d’une terre, impénétrable, il est capté par un drain plastique. Lors des crues, il s’écoule avant et plus longtemps que la grotte du Verdeau. La résurgence, quant à elle, n’est pas connue. Plusieurs petite sources impénétrables ont été inventoriées (Source du Lavoir de Prayes, source de Cul de la Cras, source des Ormois, source temporaire sous la Rougie). Dans le haut du vallon de la grotte du Verdeau sourd la source ce de Montat. Petite et impénétrable, elle est captée pour alimenter un lavoir. Après 70 m de parcours aérien elle se perd à proximité de l’aval supposé de la grotte du Verdeau. D’où vient l’eau et où va t-elle ? Des colorations ainsi que de bonnes désobstructions devraient permettre d’apporter des réponses aux questions sur ce petit coin du haut Mâconnais Topo : Guillot Bibliographie :- GUILLOT, Ludovic; SIMONNOT, Guy (1998): Activités du CDS 71 dans le département de la Saône-et-Loire - Sous le Plancher - ASE n°13, 1998, p.56 et 57 - GUILLOT, Ludovic; SIMONNOT, Guy (1998): Activités dans le département de Saône-et-Loire - LSB Info n°40 - GUILLOT, Ludovic (2000): La grotte du Verdeau - Sous le Plancher - ASE n°14, 1999-2000, p. 52 à 55 |