| Historique des explorations Références bibliographiques | Document texte | Guillot-Morel-Simonnot | | Titre Historique Gouffre du Vautiant
Historique : Dans la revue FSBS n°2, en 1970, M. Bonnefoy raconte de belle manière les premières explorations du gouffre qui datent maintenant de plus d'un demi-siècle ! Dans le courant de l’hiver 1949-1950, un brusque effondrement du sol laissa apparaître, au coeur du bois de Vautiant à Charcuble, une ouverture d’environ 0,80m de diamètre ; Les villageois intrigués alertèrent alors le groupe Spéléo du S.I.S.A.C de Cormatin. Une première descente eut lieu le 24.4.1950 avec : Fernand JARREAU, Robert LOUPFOREST, Jean HERMITE, André MERLE, Lucien AUBERGET, M. CHANAL, Guy RUINET, et Maurice BONNEFOY. 24 Avril 1950. La bordure argileuse du gouffre est peu sûre, Fernand JARREAU encordé, amorce la descente ; tout d'abord, il pénètre dans une petite salle en forme de cloche, racines, terre et cailloutis tapissent les parois. A trois mètres, un étranglement avec blocs instables est passé avec peine (ça serre) la corde glisse lentement sur le tronc placé en travers du trou et Fernand disparaît ; à dix mètres, il prend pied sur un plan incliné très argileux, en face de lui, une petite galerie presque entièrement colmatée, au bas de la pente, une étroite cheminée plonge à la verticale. Une voix étouffée parvient en surface : « ça pousse, donnez du mou, je tente de passer, j'entends une cascade » ; un silence, et puis à nouveau : « ça pousse en profondeur, j’entends nettement le ruisseau, il faut élargir, envoyez les pelles, je dégage et en avant ». Et c'est à cet instant que se terminera cette première descente de l'Aven du Vautiant ; près de nous en surface, des messagers arrivent porteurs d'une terrible nouvelle ; depuis ce matin, on nous cherche, la famille de Fernand vient d'avoir un grave accident de voiture à Fleurville, tous sont à l'hôpital de Mâcon. Il faudra parlementer pendant dix minutes avec Fernand pour le faire remonter, lui annoncer un effondrement imminent et catastrophique de la paroi, pour qu'il consente enfin à lâcher prise "si près de la réussite" ; halé en surface par dix paires de bras il arrive congestionné et furieux, à moitié étouffé par la corde qui l’enserre. D’un commun accord nous décidons de réserver cette première à notre camarade malchanceux, et nous plions le matériel bien décidés à revenir sans tarder. Nous ne pensons pas alors qu’il nous faudra attendre dix ans. Mars 1960 : Les membres des groupes Spéléo de Montceau-les-Mines et du Creusot, (A. JARRIGE, Jacques MICHALZACK, Louis LAGROST, Jean MOREL et Maurice BONNEFOY) prennent la direction du bois de Vautiant. Dispositif traditionnel, une branche jetée en travers de l’orifice et la descente commence ; La première partie du gouffre n'a pas changé, mais par contre, nous ne retrouverons plus la galerie et la cascade entrevu dix ans plus tôt par Fernand JARREAU. Comme en tant d'autres endroits, hélas, l'aven a servi de dépotoir, des pierres, des branches et de la terre bouchent le passage terminal ; Une odeur pestilentielle emplit la cavité et nous ne tardons pas à découvrir l'origine de cette puanteur ; De jeunes chiots ont étés jetés dans le puits et l'horrible odeur de ces charognes va mettre l'équipe en déroute. 14 Janvier 1962 : Nouvelle incursion au Vautiant, avec l'éqùipe d'Azé (Raymond MOREL, Henri GUYONNET, Maurice trou, ce système nous permettra de remonter avec peine de nombreux seaux de détritus ; l’opération est délicate, il faut HUET, Jean RICHARD, Raymond DUCROUX et Maurice BONNEFOY). Une chèvre avec poulie sera placée au-dessus du placer un homme à l'étranglement pour guider les seaux qui inévitablement se coincent au passage, les chutes de pierres sont fréquentes et la position de l'homme de base est de ce fait rendue dangereuse. Nous avions ce jour là, l'intention de retrouver la « cascade Fernand », mais nous dûmes abandonner encore une fois devant l'importance du travail. Depuis nos efforts se sont concentrés sur Azé ; Qui retrouvera la cascade Fernand ? et quand ? Le gouffre tombe dans l'oubli. Il est seulement revisité en 1981 par le FALC. Durant l'hiver 96-97 trois séances de désobstruction (Simonnot, Cottin, Guillot) sont consacrées pour réouvrir la cavité, commencer l'amélioration des parois et remonter quelques barbelés tombés au fond avec les effondrements argileux. L'instabilité des lieux nous fait renoncer provisoirement. Il faudra désormais prévoir de sérieux travaux d'aménagement. 25 septembre 2001 : un petit groupe électrogène permet le perçage de l'étroiture de -3,5 qui n'est bientôt plus qu'un mauvais souvenir (Cottin, Simonnot). Reste à remonter l'argile, les blocs qui colmatent le fond (remonté à -9 !). Bibliographie :- BONNEFOY, Maurice (1970): L'Aven du Vautiant - Fédération Spéléologique de Bourgogne Sud n°2, 1970 - MOREL, Jean (1987): Réflexions sur le rôle du correspondant départemental du fichier FFS - Sous le Plancher n°2, 1987, p. 41 à 45 - MOREL, Jean ; SIMONNOT, Guy (1994): Les grandes cavités de Saône-et-Loire - Sous le Plancher - ASE n°9, 1994, p. 187 | |